Andras Baka élu président de la Hongrie par le Parlement national
Ancien président de la Cour suprême évincé par Viktor Orban, ce magistrat de 73 ans a été désigné chef de l'État par une large majorité de députés.

Le Parlement hongrois a élu, mardi 10 août, Andras Baka aux fonctions de président de la République. Ancien magistrat de haut rang, l'homme de 73 ans accède à cette charge largement honorifique après avoir été l'une des figures de l'opposition institutionnelle à l'ancien Premier ministre nationaliste Viktor Orban. Son élection marque une étape symbolique pour la nouvelle majorité issue du scrutin législatif d'avril dernier.
Le scrutin s'est tenu au sein d'une assemblée où le parti au pouvoir, Tisza, dispose désormais de la majorité des deux tiers. M. Baka a recueilli 140 voix en sa faveur contre six votes opposés, tandis qu'aucune abstention n'a été enregistrée. Le parti Fidesz de Viktor Orban a pour sa part choisi de boycotter la séance, laissant ses sièges vacants lors de cette désignation.
Un appel à la réconciliation nationale
Dans son premier discours devant les députés, le nouveau chef de l'État a dressé un bilan sévère de l'évolution récente du pays. Selon ses propos rapportés par TV5Monde Info, il a déploré que la Hongrie soit passée du statut d'« élève modèle » de la transition démocratique à celui de nation « à la traîne en Europe ». Il a toutefois exhorté la nouvelle majorité à ne pas engager de processus de revanche à l'encontre de l'administration précédente, affirmant que la construction d'une nouvelle ère ne pouvait reposer sur la vengeance.
Le Parlement hongrois a élu, mardi 10 août, Andras Baka aux fonctions de président de la République.
Le Premier ministre pro-européen Peter Magyar a salué cette élection sur les réseaux sociaux, estimant qu'Andras Baka était apte à incarner l'unité nationale. Le chef du gouvernement a également décrit le parcours du nouveau président comme un exemple de fidélité aux principes de l'État de droit.
Une réhabilitation institutionnelle
Ce choix revêt une dimension de justice politique pour l'ancien juge. En 2012, Andras Baka avait été démis de ses fonctions de président de la Cour suprême par le pouvoir de l'époque. Cette éviction faisait suite à ses critiques contre une réforme abaissant l'âge de départ à la retraite des magistrats, qu'il considérait alors comme une purge dissimulée. Cette analyse avait été validée quatre ans plus tard par une décision de la Cour européenne.
En plaçant M. Baka à la tête de l'État, le nouveau pouvoir entend signaler une rupture avec la période 2010-2026. Bien que le rôle de président soit essentiellement protocolaire, cette nomination souligne la volonté de Budapest de restaurer l'image de ses institutions judiciaires et démocratiques.
D’après TV5Monde Info.



